En pleine nuit, vous vous retrouvez à pleurer à chaudes larmes. C’est quelque chose qui est révélatrice d’un problème. Mais plutôt que de vous morfondre, restez bien avec nous, nous allons vous guider pas à pas pour comprendre ce problème et mettre en place les bonnes solutions.
D’où ça vient ?
Une charge mentale excessive
Parmi les causes, il y a tout d’abord la charge mentale excessive, ce qui peut notamment toucher les mères de famille, qui doivent à la fois gérer les tâches ménagères, les enfants, le travail…
Une fois que le corps est au repos, le cerveau libère la pression accumulée et fond en larmes pour la relâcher. Le stress de la journée sature l’axe HPA (hypothalamo-hypophysio-surrénalien), entraînant un excès de cortisol pendant la journée que le système nerveux libère pendant le sommeil.
Les émotions refoulées
Des émotions refoulées peuvent aussi en être responsables si vous intériorisez le stress et la colère. Une émotion non traitée ne disparaît pas, lorsque vous dormez, le contrôle du conscient se relâche et ces sentiments ressortent.
Plus précisément, bloquer ses émotions demande beaucoup d’effort au cortex préfrontal. Durant le sommeil, il s’endort pour laisser place à l’amygdale, le centre des émotions.
Un mécanisme expliqué en profondeur dans l’étude « Effects of cortisol suppression on sleep-associated consolidation of neutral and emotional memory », menée par Ullrich Wagner, Metin Degirmenci, Spyridon Drosopoulos, Boris Perras et Jan Born
Les hormones
Il ne faut pas non plus écarter les fluctuations hormonales. Le syndrome prémenstruel (SPM), la grossesse ou la ménopause peuvent augmenter la vulnérabilité psychologique, comme le souligne Panayoti Bachkangi dans son étude « Menopause and mental health: clinical evidence and public discourse ».
Et pour cause, les chutes drastiques d’œstrogènes et de progestérone altèrent la capture de la sérotonine (le neurotransmetteur de l’humeur), ce qui déclenche plus facilement les larmes.
Les traumatismes
La vie est faite d’épreuves, la perte d’un proche, une séparation ou un choc passé peut refaire surface pendant les rêves et s’exprimer à travers les émotions. Pendant le sommeil paradoxal, le cerveau trie les souvenirs, qui, s’il est traumatique, déclenchera des larmes.
L’anxiété latente
Enfin, l’anxiété latente peut rester en bruit de fond la journée, mais une fois la nuit tombée, elle se libère, encore une fois parce que le contrôle conscient se relâche.
Au niveau scientifique, elle maintient le système nerveux sympathique en mode survie. En fin de nuit, le cortisol est souvent plus élevé, ce qui provoque une crise de larme.
Comment traiter le problème à la racine ?
Exprimer ses émotions
C’est quelque chose de très inconfortable, qui a envie de revivre des souvenirs douloureux ? Mais le faire, c’est laisser ses émotions s’accumuler et finir par exploser, en l’occurrence sous forme de crise de larme nocturne.
Videz vos pensées stressantes sur papier chaque soir avant de dormir. Plutôt que de laisser le cerveau tourner en boucle, écrivez tout ce que vous avez en tête pour vous alléger l’esprit.
Rien de bien compliqué, écrivez sans filtre ce que vous avez en tête dans un carnet, et laissez-le près du lit au cas où vous auriez besoin d’y écrire d’autres choses avant de dormir. Il n’y a pas de règles sur ce que vous pouvez y écrire : liste de course, emploi du temps du lendemain, une peur…
Vous pouvez aussi en parler à un proche de confiance pour vous décharger de ce surplus émotionnel. Il pourra en plus vous aider avec un point de vue objectif. Vous vous souvenez de la partie logique du cerveau, le cortex préfontal ? Et bien en parlant, vous l’activez, ce qui peut vous aider à voir les choses d’un point de vue plus objectif.
Les mots, c’est aussi structurer la tempête émotionnelle que vous subissez. Vous passez au statut de celle qui observe. Même si vous n’en parlez pas à un proche, parlez à vous-même peut aider.

Faire une pause
Oui, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais essayez dans la mesure du possible de déléguer les tâches quotidiennes. Le cerveau n’est pas fait pour être sur-stimulé en permanence. Si c’est le cas, la montée de cortisol et d’adrénaline perturbe le cortex préfrontal, d’où la difficulté à réfléchir, planifier et prendre des décisions.
Si vous avez des enfants par exemple, essayez de voir si un proche peut le garder, ou si vous pouvez appeler une nounou de temps en temps qui donne droit à un crédit d’impôt s’élève à 50 % des sommes versées précise impots.gouv.fr.
Quand consulter ?
Les symptômes
Si vous êtes épuisée pendant la journée à cause de la tristesse qui consomme beaucoup d’énergie tout d’abord. Subir cela, c’est risquer un épuisement de l’organisme.
Des crises fréquentes sont aussi un marqueur de quelque chose qui nécessite l’appui d’un professionnel. Si vous fondez en larmes régulièrement, votre cocotte-minute déborde, le trop-plein émotionnel ne peut plus être contenu.
Enfin, si vous ressentez des signes de dépression (perte de plaisir pour les choses que vous aimiez), alors là aussi, bénéficier de l’aide d’un professionnel est recommandé.
Qui aller voir ?
Idéalement, tournez vous vers votre médecin traitant pour qu’il puisse faire un bilan de santé global. Il peut notamment détecter un dérèglement de la thyroïde ou une grosse carence en fer/vitamines et mettre en place un traitement adapté.
Le psychologue peut lui vous écouter et vous donner des outils concrets pour gérer vos émotions. Par exemple un psychologue clinicien ou pratiquant les Thérapies Cognitives et Comportementales), très efficaces pour l’anxiété et les crises de panique.
Si vos troubles psychiques sont plus profonds ou très installés, ceux que votre médecin traitant pourra notamment déceler, le psychiatre peut vous prescrire des médicaments et assurer un suivi biologique et clinique.

