Famille

Je ne supporte plus ma vie de maman : que faire ?

Ressentir une saturation totale face à son rôle de mère peut devenir insupportable. Vous n’êtes pas la seule à le subir et n’avez pas à vous sentir coupable de le vivre. Cependant, comprendre et mettre en place les bonnes actions est indispensable pour mieux la vivre.

L’envers du décor : vous n’êtes pas la seule

Derrière les images bien lisses des réseaux sociaux et les apparences qui donnent l’impression que la maternité est une grande source de bonheur, de nombreuses mères vivent mal cette période.

Une enquête de l’Ifop réalisée pour l’application Malo indique que :

  • 34 % des mères se sentent concernées par l’épuisement maternel.
  • 20 % déclarent avoir déjà traversé un burn-out parental.
  • 14 % indiquent en souffrir au moment de l’enquête.
  • 40 % des mères célibataires se déclarent particulièrement touchées par ce syndrome.

Le mythe de la mère parfaite, épanouie et patiente peut conduire les mères à s’isoler et garder le silence par peur d’être jugée. Les nuits hachées, la gestion du foyer, les imprévus, les inquiétudes, le vacarme des enfants pleins d’énergie… Tout cela ne transparaît pas en public.

Le cas du « baby blues » de la dépression post-partum

Après l’accouchement, la chimie du cerveau est complètement modifiée. Les hormones chutent brutalement après la délivrance du placenta. De 95% à 99% pour les taux d’ostéogènes et de progestérone en 1 à 3 jours pour revenir à leurs niveaux d’avant grossesse. Des chiffres corroborés par plusieurs décennies de recherche en endocrinologie reproductive.

Le « baby blues » touche jusqu’à 80 % des femmes qui ont accouché précise Amélie. 60 à 80 % d’après les chiffres de l’INSERM. Il reste passager, disparaissant spontanément en moins de deux semaines indique le NIH.

La dépression post-partum s’inscrit elle dans la durée. De quelques semaines à quelques mois après l’accouchement, avec des symptômes qui peuvent s’intensifier d’après les données fournies par Mayo Clinic.

Elle peut prendre des formes variées mais plusieurs critères cliniques permettent de la détecter:

  • Tristesse profonde et pleurs incontrôlables.
  • Incapacité à ressentir du plaisir (anhédonie).
  • Anxiété ou panique paralysante pour le bébé.
  • Troubles du sommeil sévères malgré l’épuisement.
  • Rejet du bébé ou hyper-vigilance excessive.
  • Culpabilité, honte et vide émotionnel intenses.

Pourquoi la maternité peut être si difficile ?

Les facteurs biologiques et psychologiques

Devenir mère, c’est faire le deuil de sa vie d’avant, de son corps précédent et de sa liberté. L’adaptation est parfois difficile. S’ajoute souvent un manque de sommeil lorsque le bébé ne fait pas ses nuits.

Moins de sommeil, c’est moins de patience, moins de capacité à gérer ses émotions et une source de déprime. L’équilibre chimique du cerveau est perturbé indique le professeur Matthew Walker, auteur du best-seller « Pourquoi nous dormons ».

La vie moderne

Etre mère de famille, c’est parfois se retrouver seule entre quatre murs pour s’en occuper. Dans les sociétés traditionnelles, la cellule familiale reposait sur une responsabilité collective. Ainés du village, membres de la famille, voisins… Tous pouvaient contribuer.

Désormais, les mères assument ce rôle de manière plus isolée et doivent porter une charge mentale élevée en plus de leur travail, souvent à temps plein (78,5 % d’après La revue du praticien).

La nature du rôle de parent

S’occuper d’un enfant, c’est devoir y accorder une attention de chaque seconde. Vérifier qu’il ne met pas d’objet dangereux dans sa bouche, qu’il ne grimpe pas à la fenêtre, qu’il ne touche pas aux objets fragiles…

Il faut aussi composer avec les imprévus. Un enfant, c’est parfois des maladies, des crises, un refus de dormir… Bien souvent, c’est à la femme d’y gérer. Le système nerveux entre dans une phase de stress chronique.

Rééquilibrer sa vie

Face à cette détestation de la maternité, des actions concrètes sont à mettre en place. Tout d’abord, une meilleure répartition des tâches si vous avez un conjoint.

C’est ce qui vous permettra de faire des coupures et de recharger mentalement. Vous pouvez aussi en profiter pour quitter le foyer et vous changer les idées.

Baisser certains standards permet aussi de libérer du temps: Linge non repassé, repas très élaborés, activités extra-scolaires non essentielles ou encore les obligations sociales. Coupez le superflu!

Bloquez des moments pour vous, même 15 minutes peuvent aider. Une pause lecture, boire un café chaud, marcher… tout ce qui peut vous vider l’esprit.

Reprendre des moments pour soi, c’est aussi avoir d’autres moyens d’identification. Vous n’êtes plus seulement mère de famille.

Se faire aider dans la vie courante

Idéalement, déléguez une partie de vos tâches. Si vous le pouvez, une aide ménagère ou une baby-sitter peut-être embauchée, même si c’est seulement pour deux heures par semaine.

Le site du ministère de l’Economie précise que faire appel à elles ouvre le droit au Crédit d’Impôt pour l’Emploi d’un Salarié à Domicile, une prise en charge à 50% de l’Etat des frais engagés (dans la limite de 6 000 euros de crédit d’impôt par an hors majorations).

Le Lieu d’Accueil Enfants-Parents (LAEP) est une alternative gratuite, anonyme et confidentielle précise le site de la CAF. Il n’y a même pas besoin de s’inscrire. Le but est de permettre aux parents d’échanger avec des professionnels et d’autres parents pour rompre l’isolement et soutenir la relation entre les parents et les enfants.

La CAF propose aussi l’intervention de TISF ((Technicien de l’Intervention Sociale et Familiale) pour venir en aide aux parents dans l’organisation du quotidien et l’accompagnement éducatif. Le coût dépend du barème national indexé sur le quotient familial (QF). Le crédit d’impôt de 50% est également appliqué.

Les aides psychologiques dédiées

Ce que vous traversez est difficile, mais il existe des solutions pour vous épauler. Allo Parents Bébé (0 800 00 34 56), un numéro vert gratuit et anonyme dédié à l’écoute et au soutien des parents.

Vous pouvez aussi consulter des psychologues et puéricultrices sans avance de frais dans les Centres de Protection Maternelle et Infantile. En cas de post-partum, des unités de psychiatrie périnatale sont disponibles pour vous accompagner dans de nombreuses maternités.

Enfin, l’Association Maman Blues permet d’échanger avec d’autres mères de famille pour trouver du soutien face à la difficulté maternelle.

Cassie

Moi, c’est Cassie ! Mon truc ? Vous aider à t'épanouir dans votre vie. À travers mes articles, j’ai à cœur d’accompagner les femmes vers plus d’épanouissement et de légèreté. Une question, une histoire à raconter ou simplement envie de discuter ? Ma boîte mail t'est grand ouverte.

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