Nous sommes nombreuses à avoir connu le rejet d’un homme. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas quelque chose d’agréable. Et une question revient souvent, va-t-il revenir ? C’est ce que nous allons tâcher de voir dès maintenant.
Comprendre le rejet : Pourquoi un homme vous repousse-t-il ?
Le style d’attachement évitant
Tous les hommes n’ont pas ce comportement pour une raison unique. Certains le font par peur de l’engagement ou l’évitement. Dès que les sentiments deviennent trop intenses ou sérieux, ils prennent la fuite. Un projet de couple se dessine ? Vous vous retrouvez à éclatez de rire ? Une alarme interne se déclenche, il perd sa zone de sécurité.
Cela s’appelle en psychologie l’attachement évitant. Il a peur de la vulnérabilité et préfère fuir plutôt que de risquer d’être abandonné si les choses deviennent sérieuses.
Cela est souvent lié à l’enfance, comme l’a expliqué son père fondateur, John Bowlby ainsi que Mary Ainsworth qui a isolé le concept d’attachement insécure-évitant.
Par exemple, un enfant qui pleure parce qu’il s’est fait mal entend sa mère dire « Arrête de pleurer, c’est rien, fais pas ton bébé » ou « Va dans ta chambre et reviens quand tu auras le sourire ». Si c’est répété, il va apprendre à anesthésier ses émotions, dont celles qu’il a avec vous.
Autre cas de figure, un enfant rentre de l’école terrifié après avoir été harcelé. Son père, accaparé par son travail ou ses propres soucis, répond de manière distraite sans valider la peur de l’enfant : « Ah d’accord, va faire tes devoirs ». Si ce comportement est habituel, il va apprendre à ne dépendre que de lui-même et devenir hyper-indépendant.
Quelques cas de figure qui pendant l’enfance peuvent y amener :
- Le rejet des émotions négatives : J’anesthésie mes besoins émotionnels.
- La négligence émotionnelle : Je dois me débrouiller seul dans la vie.
- L’inversion des rôles enfant-parent : L’autre va me pomper mon énergie.
- L’éducation à la performance : L’intimité du couple me paraît contre-nature.
Le besoin de contrôle et l’ego : Tester sa propre valeur ou fuir par orgueil.
Il aime séduire, cela le rassure et vient renforcer son estime de lui fragile. L’enjeu, ce n’est pas vous, mais l’effet qu’il produit sur vous. Dès que le défi est gagné, son égo est satisfait et vous ne l’intéressez plus. Ce « syndrome du chasseur » est la conséquence d’une estime de lui bien fragile.
Il peut aussi fuir par la peur. Son égo anticipe un possible rejet qui pourrait lui faire perdre l’illusion qu’il contrôle la situation. Il préfère alors partir de lui-même.
Dans les deux cas, cela souligne une faille narcissique profonde. Et encore une fois, l’enfance est un terreau fertile pour ce type de comportement. Des parents qui ne valorisaient que sa beauté ou ses performances lui donnant l’impression qu’il doit prouver pour obtenir de l’amour. Ou encore un rejet, le poussant à juste prendre le rôle de séducteur au détriment d’une relation.
Son « Vrai-Soi » est caché tout au fond de lui, le « Faux-Soi » est son armure. Il est totalement artificiel et craint que l’armure ne se fissure. Un concept théorisé par Donald Woods Winnicott, psychanalyste et pédiatre britannique, et que vous pouvez retrouver dans son livre « Distorsion du moi en fonction du vrai et du faux self » (1960) ».
Un traumatisme
Ici, les blessures du passif peuvent ressurgir. Par exemple, un passif douloureux qui le pousse à se protéger en érigeant des barrières, comme un traumatisme amoureux (infidélité après 10 ans de mariage, rejet brutal d’une ancienne relation…).
Pour lui amour = souffrance. Il ne veut pas revivre ce schéma avec vous ou qui que ce soit d’autres. Il va donc prendre la fuite.
La baisse temporaire d’intérêt ou le stress : Des priorités de vie qui le détournent momentanément de la relation. C’est paradoxal, plus la relation avec vous devient belle, saine et sérieuse, plus sa peur augmente, car dans son esprit, le risque de souffrir se rapproche. Un sabotage relationnel qui sert de stratégie de protection inconsciente.
« The relationship sabotage scale: an evaluation of factor analyses and constructive validity » est une étude de référence sur le sujet, faites sur 1300 participants et qui a permis d’isoler les trois piliers fondamentaux:
- La défensivité (Defensiveness) : Ériger des barrières de communication et contre-attaquer préventivement par peur d’être vulnérable.
- La difficulté à faire confiance (Trust difficulty) : Une jalousie ou une suspicion chronique, souvent héritée de trahisons passées.
- Le manque de compétences relationnelles (Lack of relationship skills) : L’incapacité à gérer le conflit de manière saine, préférant la fuite ou le repli.
La psychologie du retour : Qu’est-ce qui le pousse à revenir ?
L’absence ressentie
Oui, il est possible qu’il revienne, notamment l’effet du silence radio et de la distance. Réaliser ce qu’il a perdu lorsque la pression s’arrête. Il ressent votre absence et commence à réaliser la perte.
Un phénomène qui peut accentuer cet effet est le filtre de la nostalgie, un mécanisme de défense qui efface progressivement les mauvais souvenirs pour ne garder que les bons.
Le retournement de situation
Le retournement de situation (Lâcher-prise) peut aussi le pousser à revenir. Quand vous arrêtez de courir après lui, il perd ses repères et le contrôle. Il peut notamment attendre à ce que vous le « poursuiviez », encore une fois lié à l’égo, adorant être dans une position de supériorité psychologique.
Il peut se poser plusieurs questions : « A-t-elle tourné la page ? », « A-t-elle trouvé quelqu’un d’autre ? ». Il va alors tenter de reprendre le contrôle en revenant vers vous, ne serait-ce que pour tester votre disponibilité.
Le regret
L’euphorie de la liberté laisse place au vide et aux bons souvenirs. Un phénomène que les chercheurs Wildschut, Sedikides, Arndt et Routledge (2006), de l’Université de Southampton, ont mis sur papier via leurs travaux fondateurs sur les mécanismes psychologiques de la nostalgie.
Votre rayonnement personnel peut aussi lui faire mal. Vous voir heureuse, notamment sur les réseaux sociaux, épanouie et vous voir reconstruite sans lui peut nourrir ce regret. Cela vous redonne de la valeur à ses yeux, bien loin de celle qui subissait son départ stimule son instinct de reconquête. Un choc de réalité qui entraîne un besoin de réactance psychologique (Brehm, Théorie de la réactance, 1966).
Les signes qui annoncent (ou prouvent) qu’il va revenir
Mais comment savoir s’il peut réellement revenir. Il y a plusieurs indices qui peuvent le laisser penser.
L’ambivalence et l’incohérence
Il regarde vos stories, donne de petites nouvelles anodines ou souffle le chaud et le froid. En somme, il revient petit à petit en testant votre réactivité pour voir si la porte est entrouverte s’il veut revenir.
La jalousie masquée
Il cherche à savoir si vous êtes célibataire ou si vous voyez quelqu’un d’autre. Il peut demander à des amis communs notamment, ou analyser qui like vos publications sur instagram. Le fait que vous plaisez à d’autres lui fait réaliser qu’il pourrait définitivement vous perdre.
Le prétexte futile
Il réapparaît pour un détail insignifiant juste pour tester votre disponibilité. Par exemple, récupérer un t-shirt ou vous pouvez une question sur une série. Le but est de tester votre météo émotionnelle : en colère, enthousiaste, froide…
Si vous répondez chaleureusement et longuement, il se dit « la voie est libre », s’il sent un détachement ou une résistance, il peut insister.
Comment réagir s’il revient ? Mon plan d’action
Si vous voulez qu’il revienne, ne le suppliez pas, agissez par étape.
Etape 1 : Ne pas se jeter sur lui
Maintenir l’équilibre et ne pas répondre dans la seconde pour ne pas banaliser son erreur. Le soulagement peut pousser à répondre trop vite, prenez votre temps, (plusieurs heures voire plusieurs jours). Montrez que vous êtes occupée.
S’il voit une femme totalement disponible, il intègre le fait qu’il peut faire qu’il peut partir et revenir quand il veut sans aucune contrepartie. Il n’aura aucune raison de changer de comportement.
Un diplôme obtenu après 5 ans d’études
Etape 2 : Le faire s’investir
Le laisser faire des efforts réels et mériter à nouveau votre vulnérabilité est indispensable. On a toutes et tous tendance à accorder de la valeur uniquement à ce qui nous a coûté un effort.
Ce qui est appelé l’effet IKEA. On surévalue inconsciemment la valeur du résultat pour justifier l’effort fourni, un effet démontré par l’expérience d’Aronson et Mills (1959).
Etape 3 : Analyser ses motivations
C’est fondamental. Revient-il par amour sincère ou par simple ennui/besoin d’ego ? S’il revient par famine d’égo, c’est mauvais signe. Si c’est le cas, ses messages seront souvent tardifs, flous, ou très portés sur le physique.
S’il revient par amour, la, un retour est beaucoup plus justifié. Il reconnaît ses torts, fourni des excuses claires et verbalise sa prise de conscience. S’il propose des changements concrets, c’est encore mieux.
Quelques exemples :
« Je te demande pardon pour la façon dont je suis parti. J’ai réalisé que j’ai fui dès que les choses sont devenues sérieuses. Tu ne méritais pas d’être abandonnée ainsi, et je prends l’entière responsabilité de mes actes. »
« Pendant notre séparation, j’ai compris que mon silence était une façon de me protéger, mais que cela te détruisait. J’ai réalisé à quel point tu comptes pour moi et que ma fierté m’a empêché de voir que je perdais la personne que j’aime. »
« Je n’étais pas assez présent. Si tu acceptes que l’on réessaye, je veux que l’on libère deux vraies soirées par semaine rien que pour nous, et je vais alléger mon emploi du temps professionnel. »
Etape 4 : Poser des limites saines
Clarifier ce que vous acceptez ou n’acceptez plus pour éviter de retomber dans le même schéma. Exprimez vos besoins et voyez s’il se braque ou s’il accepte (et dans la durée).

