64 % des femmes aiment être dominées sexuellement d’après une étude menée par l’Université de Montréal en 2014. Pour 44 % d’entre elles, être attachée au lit est une source de plaisir d’après une sonde Ipsos réalisé cette même année. D’après cette même étude, 46% des femmes de 18-24 ans aiment avoir les yeux bandées, 36 % apprécient la fessée. Malgré ces chiffres, le tabou de la femme soumise sexuellement reste fort, les informations circulent peu sur le sujet. Nous allons donc vous dresser (sans mauvais jeu de mot) un guide pour pratiquer dans les meilleures conditions.
C’est quoi, être soumise sexuellement ?
C’est un choix de pouvoir, une femme soumise décide d’offrir le contrôle de son plaisir à son partenaire. Mais le spectre de la soumission est très large. Si l’on place le curseur au minimum, on y trouve la fessée et les yeux bandés.
Pour les cas de figures les plus extrêmes, des pratiques violentes (parfois dangereuses), comme des coups de fouets, des étouffements ou être réduite à l’état d’objet sont parfois pratiqués.
Pouvant être purement sexuelle, ce type de soumission peut s’étendre à la vie conjugale, le « Total Power Exchange ». Le dominant décide de tout, sanctionne et a un pouvoir très fort sur la soumise, dans les conditions qu’elle accepte évidemment. Par exemple, le dominant peut lui ordonner une fellation, de faire la vaisselle ou de se mettre au piquet.
Bien évidemment, dans ce cadre, la soumise garde le contrôle. A tout moment, elle peut décider d’arrêter le jeu. Dans ce type de relation, un mot vient stopper la dynamique. Par exemple, lorsqu’une soumise ressent qu’elle est en danger physique, elle peut prononcer le mot « rouge » et le contrôle s’arrête.
D’où viennent ces désirs ?
Aimer être soumise n’a rien d’anormal, pour une femme qui a des responsabilités élevées dans son travail ou sa vie de famille, la soumission sexuelle agit comme un sas de décompression. Plus de décisions à prendre, plus de responsabilité.
Des travaux menés par Patricia Hawley, chercheuse de l’Université du Kansas ont montrés que les femmes en position sociale dominante et autonomes au quotidien sont statistiquement plus réceptives aux fantasmes de soumission passionnée.
L’explication neurologique est simple. Etre en position de soumise met le cerveau en situation d’alerte. Pour y faire face, le cerveau sécrète des endorphines (hormones du bien-être) et des endocannabinoïdes (système de récompense et plaisir). Le cortisol (hormone du stress) s’efface.
Les désirs sexuels sont parfois le reflet d’une part d’ombre qui n’a pas sa place dans la vie sociale. Par exemple, une femme pudique et réservée peut aimer être soumise au lit pour exprimer ses désirs brutalement et bruyamment. Le fantasme ne vient donc pas d’un trauma de l’enfance, contrairement à ce que des décennies de psychanalyse ont tentés prouver.
La règle d’or : Consentement, sécurité et « Safewords »
Toute relation sexuelle entre une soumise et son dominant doit être cadrée pour éviter les excès:
La charte SSC ou RACK (Saine, Safe et Consensuelle ou Risques Acceptés et Consensuels) est indispensable. Vous devez discuter de ce qui est permis ou pas. Evidemment, cela peut évoluer au fil du temps.
Un tableau « Oui / Non / Peut-être » permet de fixer par écrit ses limites absolues (hard limits) et ses envies de tester (soft limits). Par exemple, Oui pour les jeux de rôle, peut-être pour les gifles et non pour l’asphyxie.
La règle des trois pressions en est une alternative si vous ne pouvez pas parler (baillonnage, étranglement…). Par exemple, serrer trois fois la min du Dom pour lui dire d’arrêter.
Le lexique de la relation dominant-soumise
- Dom / Dominant : Le partenaire qui prend le contrôle de la scène, guide les actions et impose les règles.
- Sub / Soumise : La partenaire qui choisit d’abandonner le contrôle et de se plier aux désirs ou directives du dominant.
- Top et Bottom : Le Top donne la stimulation physique ou l’ordre ; le Bottom reçoit l’action et vit la sensation.
- Switch : Personne qui apprécie d’alterner les rôles de dominante et de soumise selon les séances ou les partenaires.
- Hard Limits : Les limites absolues et non négociables qu’il est strictement interdit de franchir durant le jeu.
- Soft Limits : Les zones d’inconfort ou de réticence qui peuvent être explorées, mais avec une extrême douceur.
- Safeword : Mot ou code secret qui interrompt instantanément la scène et suspend l’autorité du dominant.
- Aftercare : Période de soins, de câlins et de reconnexion émotionnelle indispensable juste après la fin d’une séance.
- Sub Drop : Chute brutale d’endorphines qui peut survenir quelques heures après une scène, provoquant un coup de blues passager.
- Vibe / Scène : Période délimitée dans le temps où les deux partenaires adoptent pleinement leurs rôles de soumis et dominant.
- BDSM : Acronyme regroupant le Bondage, la Discipline, la Domination, la Soumission, le Sadisme et le Masochisme.
Comment débuter la soumission sexuelle en couple ?
Il peut être intimidant de se lancer dans certaines pratiques, commencer par des petits rôles (méchante fille qui se fait fesser, ordre de se mettre à genoux…) avant éventuellement d’explorer des formes de dominations plus prononcées comme l’étranglement ou les coups de fouet) lorsque vous aurez suffisamment exploré le concept.
Après votre moment de partage, mettez en place l’aftercare pour retrouver de la sécurité émotionnelle après les jeux. A froid, quelques heures ou jours après, vous pourrez ajuster les pratiques.
Un petit mot concernant la sécurité pour terminer
Qui dit soumission sexuelle dit risques. Physiques tout d’abord, problèmes de respiration, de circulation sanguine, nerfs très sollicités… Vous devez faire preuve de beaucoup de précautions.
Par exemple, le « choking », une pression sur le cou, comprime les carotides et bloque l’apport de sang au cerveau en quelques secondes. Autre cas pouvant être dramatique, trop serrer les mains ou trop longtemps peut stopper l’irrigation sanguine et mettre une très forte pression sur les nerfs superficiels, pouvant conduire à des paralysies temporaires ou définitives comme le précise le NIH.
Psychologiquement, ce type de pratique peut entraîner une confusion entre le jeu de rôle et la vie quotidienne. Dans ce cas, ralentissez le rythme. La baisse hormonale post-séance crée un vide qui peut vouloir prolonger le jeu pour maintenir ces sensations, il devient ensuite difficile de vivre une vie conjugale normale sans que l’aspect « soumise » ne s’y immisce.
Les questions qui reviennent souvent
| Question | Réponse |
|---|---|
| Comment savoir si on fantasme sur la soumission ou si on souhaite réellement la pratiquer ? | Un fantasme ne signifie pas forcément qu’on souhaite le réaliser. L’envie de pratiquer se vérifie en réfléchissant à ce qui attire réellement. |
| Peut-on aimer être soumise sans aimer le BDSM ? | Oui. On peut apprécier une dynamique de soumission dans les rapports sexuels sans souhaiter pratiquer l’ensemble des codes ou pratiques du BDSM. |
| Pourquoi certaines femmes aiment perdre le contrôle pendant un rapport ? | Cela peut permettre de lâcher prise, de se concentrer davantage sur les sensations ou de s’affranchir momentanément des décisions et responsabilités du quotidien. |
| Comment en parler à son partenaire sans avoir honte ? | Le mieux est d’en parler dans un moment calme, sans pression, en présentant cette envie comme quelque chose que l’on aimerait éventuellement explorer ensemble. |
| Que peut-on refuser même lorsqu’on accepte le rôle de soumise ? | N’importe quelle pratique. Être soumise ne signifie jamais renoncer à son droit de dire non ou de modifier ses limites. |
| Comment différencier domination sexuelle et comportement réellement abusif ? | La domination repose sur un consentement libre, clair et réversible. La pression, les menaces, la manipulation ou le non-respect d’un refus ne relèvent pas d’une dynamique consensuelle. |
| Que faire si l’on change d’avis pendant une scène ? | Il faut pouvoir arrêter immédiatement via un safeword ou un signal convenu à l’avance. |
| Pourquoi peut-on aimer la soumission tout en étant très dominante dans la vie quotidienne ? | Les préférences sexuelles ne correspondent pas forcément à la personnalité quotidienne. Une personne très autonome peut parfaitement apprécier de lâcher prise dans un contexte intime. |

