Nous avons toutes ressenti cela au moins une fois dans notre vie. Comment passer ce blocage lié à certains mécanismes psychologiques (et inconsciemment à la peur de la mort) ?
Pourquoi est-ce si difficile d’oser ?
La peur du rejet
Le blocage est parfaitement normal, la peur du rejet ou du « râteau » est liée à l’ego. Il craint d’être froissé ou de se tromper sur l’intérêt de l’autre. C’est votre amour-propre qui peut en prendre un coup en cas de rejet.
En conséquence, l’ego cherche constamment à nous protéger de la souffrance. Il anticipe donc un rejet voire d’autres conséquences associées comme la moquerie de sa part par exemple. On préfère souvent ne rien faire que de se sentir nulle et mal.
L’étude fondatrice de Naomi Eisenberger et Matthew Lieberman (UCLA) a démontré par imagerie cérébrale (IRMf) que le rejet social active exactement les mêmes circuits neuronaux que la douleur physique
Le syndrome de la bonne image
La peur de paraître trop entreprenante, lourde ou de ne pas « convenir » aux codes est aussi un blocage. Cette fois-ci, il est lié à nos codes sociaux. En l’occurrence de transgresser les codes implicites de la séduction (qui veulent traditionnellement que l’homme fasse le premier pas).
Vous avez peur d’être perçue de manière négative « une grosse lourde », une désespérée ou quelqu’un d’agressif. La peur du jugement social vous paralyse. Vous préférez rester dans les clous.
Chaque être humain est soumis à la théorie du Sociomètre (Mark Leary, Duke University). C’est à dire surveiller notre valeur relationnelle perçue par les autres.
Le poids du mental
On sur-analyse le moindre regard, le moindre message, ce qui amplifie la pression. Au lieu de vivre dans le présent, le cerveau cherche à tout décoder, et plus il est dans ce mode, plus vous créez de scénarios catastrophes.
Si votre cerveau sur-analyse, une situation simple paraît insurmontable. L’anxiété grimpe alors en flèche, ce qui paralyse complètement votre volonté de faire le premier pas.
Déminer le terrain en douceur (Les signaux non verbaux)
La méthode pas à pas
N’y allez pas d’un coup, commencez par des petits signes, comme des regards prolongés, un sourire, une proximité physique légèrement augmentée.
Le regard, c’est le premier vecteur de connexion, raison pour laquelle il est souvent difficile à soutenir avec des personnes qui ne sont pas proches de nous.
La complicité tactile banale, comme effleurer le bras, se tenir près lors d’une discussion est un moyen d’envoyer le signal que vous êtes à l’aise avec lui sans trop en faire ni le brusquer.
Mais pensez à toujours bien observer sa réaction de l’autre : est-ce qu’il ou elle est réceptif(ve) et renvoie la balle ? C’est ce qui permet de voir si vous pouvez aller plus loin.
Les études en proxémie et en communication non verbale montrent que les micro-contacts physiques augmentent la libération d’oxytocine (l’hormone du lien social) et réduisent le niveau de cortisol (le stress) chez la personne touchée.
Exemples de signaux positifs :
- Il maintient le regard (voire sourit!)
- Il ne recule pas quand vous l’approchez
- Il initie le contact physique à son tour
Exemples de signaux négatifs :
- Il recule
- Il croise les bras
- Il détourne le regard
Comment le formuler (sans le brusquer ni se brûler les ailes) ?
La partie précédente a porté ses fruits ? Il est temps de passer à l’étape supérieure.
Pour commencer, jouez la carte de la spontanéité simple. Parfois, dire simplement les choses lève l’obstacle, sans en faire trop bien sûr. Evitez les déclarations d’amour version Hollywood. Un « J’aime beaucoup passer du temps avec toi, j’aimerais qu’on se voie plus souvent » est amplement suffisant.
L’humour ou la suggestion peuvent aussi vous être d’une grande aide si l’approche directe vous intimide. Par exemple, lancez une petite phrase légère mais explicite pour tâter le terrain sans gravité.
Vous n’osez pas vous exprimer à l’oral, un message écrit peut être une bonne alternative. Un SMS bien senti permet de briser la glace plus facilement. Ce que vous vouliez dire à l’oral, vous pouvez le faire par écrit.
Et si la réponse n’est pas celle attendue ?
Dédramatiser le refus ou le silence, inutile de se ronger de l’intérieur. Ce n’est pas un jugement sur votre valeur. Cela ne dit rien sur votre apparence ou votre intelligence, il peut ne pas avoir de compatibilité de son côté ou ne pas être dans une phase de sa vie où il est ouvert (rupture récente, vie professionnelle prenante…).
Et dites-vous bien que l’inaction prolonge le fantasme et crée une frustration inutile, vous imaginez des scénarios parfaits mais cela consomme beaucoup d’énergie mentale. C’est une frustration qui peut se transformer en regret au fil du temps (et si j’avais agi ainsi, quelle serait ma vie ?). Vous préférez une vérité qui pique ou un statut-quo qui peut nourrir des regrets pendant des années ?
Passer à l’action permet de reprendre le contrôle de sa vie amoureuse plutôt de subvenir aux attentes des autres. Vous pouvez ouvrir votre cœur à un autre homme avec qui vous pourrez bâtir quelque chose plutôt que de rester bloquée.

